Élément d'architecture

Identification du bien culturel

N°Inventaire

98.7.1

Appellation

Élément d'escalier d'eau ou cascatelle ou châdar

Auteur

anonyme

Période de création

1ère moitié 17e siècle

Matériaux - techniques

marbre (bas relief)

Mesures

Largeur : 83 cm ; Hauteur : 114 cm ; Profondeur : 5 cm

Description

Plaque architecturale dont une face porte un décor sculpté en bas-relief. Prenant place dans un cadre, ce décor s'organise en alignements horizontaux et diagonaux d'un même motif d'amphore. La plaque en marbre a été sculptée en bas-relief sur sa face avant. Les autres faces ne sont pas décorées et portent les traces d'outils de taille.

Etat du bien

Excellent état. Empoussièrement.

Sujet représenté

bouteille, figure géométrique

Précisions sujet représenté

Cet élément d’un ensemble plus vaste s’impose, par la pureté et l’élégance de son décor, comme une œuvre d’art à part entière. Inhabituel, son dessin géométrique consiste en formes allongées évoquant une forme humaine stylisée ou une bouteille, mais de façon si subtile qu’il est difficile d’en être sûr. Ces formes émergent d’une base en forme de U.

Contexte historique

Lieu de création/utilisation

Inde (lieu de création), Inde (lieu d'exécution), Inde (lieu d'utilisation)

Lieu historique

Asie méridionale

Utilisation / Destination

décor de jardin

Précisions utilisation

Le Châdar est un élément architectural de conduite ou de chute d’eau, aussi appelé « escalier d’eau », « cascatelle » ou « cascade à degrés », retenant un moment l’eau dans sa course sur le marbre. C’est un élément déterminant et favori des jardins des palais moghols de l’Inde, représentatif de leur art de vivre raffiné. Les jardins jouent un rôle prépondérant dans la culture moghole. Selon une technique très maîtrisée, l’eau descendait à travers des séries de terrasses par le moyen de ces éléments sculptés destinés à produire un effet visuel et un son agréables. Le Châdar ralentit le ruissellement de l’eau et produit un effet miroir qui donne forme et consistance à l’élément liquide. Les jardins moghols étaient conçus à l’image du paradis, dont ils sont le reflet terrestre et la projection symbolique. Ils reposent sur un réseau dense de canaux, bassins de marbre, fontaines, jets d’eau, chutes d’eau, terrasses, dénivellations, cascades et cascatelles, dont la disposition et le déploiement emprunts d’une symétrie étudiée constituent l’architecture véritable et la structure même du jardin. Empereurs, princes et grands dignitaires se délassaient dans ces jardins, conversaient, s’adonnaient à des joutes poétiques ou diverses distractions… L’usage moghol voulait que des plateformes et trônes de repos en marbre et grès soient érigés auprès des châdar. Les sièges pouvaient mêmes être construits à même l’eau, au centre des bassins (exemple : les jardins de Nishat Bâgh sur le lac Dal, ou ceux de Shalimar à Lahore). Sous les chutes des cascatelles, au bord des châdar, on élevait parfois des murets percés de niches dans lesquelles on mettait des petites lampes à huile ou bougies. Ces niches ou alvéoles étaient appelées chînî-khâna. En luisant dans l’eau à la tombée de la nuit, elles produisaient un effet poétique et féerique.

Informations juridiques

Statut juridique

Propriété du département, achat, Alpes-Maritimes, musée départemental des arts asiatiques

Date acquisition

1998/12/17 acquis

Informations complémentaires

Commentaires

Notice parue dans la "Revue du Louvre" ; Auteur : Marie-Pierre Foissy-Aufrère ; ; Élément d'escalier d'eau (Chadar) ; XVIIe siècle, époque moghole ; Marbre sculpté en bas-relief ; H. 1,135 m ; L. 0,835 m ; Prof. 0,05 m ; Inde ; Achat, n° d'inv. 99.7.1 ; Cet étonnant bas-relief de marbre est décoré d'un dessin géométrique consistant en formes allongées qui peuvent évoquer une forme humaine stylisée, ou une bouteille, mais d'une façon si subtile qu'il est difficile d'en être sûr. Ces formes émergent elles-mêmes d'une base en forme de U. Ces types de relief sont des éléments de chute d'eau que l'on pourrait aussi appeler "escalier d'eau" ou "cascade à degrés" destinés à retenir un moment l'eau dans sa course lors de son passage sur le marbre. Ces chutes d'eau étaient un élément déterminant des jardins moghols de l'Inde, fréquemment installés sur des éminences. On en trouve dans le jardin royal du Fort Rouge de Delhi, construit par Shah Jahan dans la première moitié du XVIIe siècle, tout à fait proches de celui-ci par le dessin. Au-delà de l'évocation raffinée de l'art moghol, son design à la fois mystérieux et moderne font de ce "chadar" aussi une "oeuvre" à caractère universel par sa puissante expression.

Bibliographie

Jonas Lehrman, "Earthly Paradise, Garden and Courtyard in Islam", Londres : Thames and Hudson, 1980, 240 p. John Brookes, "Gardens of Paradise: The History of the Great Islamic Gardens", Londres : Weidenfeld and Nicolson, 1987, 240 p.

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