Support (fragment)

Identification du bien culturel

N°Inventaire

2005.4.1

Dénomination

support (fragment)

Période de création

1er quart 15e siècle

Matériaux - techniques

marbre

Mesures

Hauteur en cm 21.3 ; Largeur en cm 6 ; Profondeur en cm 7.1

Inscriptions

Date, inscription définissant le contenu, inscription concernant le lieu de provenance

Précisions inscriptions

1793 Reste du vandalisme exercé sur le tombeau de Jean de France, duc de Berry, comte de Poitou, dans sa Ste Chapelle de Bourges. Il étoit mort à Paris en 1416. Le vaze d'agate qui contenoit son [c]oeur a été envoyé au muséum

Description

Fragment de support, provenant des niches du soubassement du tombeau du duc Jean de Berry. Il comporte à l'arrière, sur toute sa hauteur, une zone bûchée, d'une largeur maximale de 2 cm. Elle correspond à la paroi séparant jadis deux niches mitoyennes. A l'arrière, de chaque côté, une colonnette engagée repose sur une base prismatique à haute plinthe surmontée de moulures. Un petit pilastre quadrangulaire s'en détache ; supporté par une plinthe basse, il présente une zone moulurée à gorge très développée. Sur la face avant de ce pilastre, un élément triangulaire sans base est interrompu par un larmier, à environ 15 cm de haut

Sujet représenté

Contexte historique

Lieu de création/utilisation

France, Centre, Cher, Bourges (lieu de création, lieu d'utilisation)

Précisions lieu création

Sainte-Chapelle ; cathédrale Saint-Etienne

Utilisation / Destination

décor d'architecture

Informations juridiques

Statut juridique

Propriété de la commune, achat avec participation du FRAM, Bourges, musée du Berry

Informations complémentaires

Commentaires

Support composé : un noyau, deux colonnettes, un élément triangulaire ; Jean de France, duc de Berry, troisième fils du roi Jean le Bon, fut apanagé en 1360 du Berry et de l'Auvergne, terres auxquelles il ajouta le Poitou, qu'il dut reconquérir. Il entreprit dans chacune des capitales des provinces de son apanage, une politique de construction : tour Maubergeon à Poitiers, palais et chapelle à Riom, palais et Sainte-Chapelle à Bourges. A partir de 1403, il affirme vouloir être enterré dans la Sainte-Chapelle de Bourges, après avoir exprimé d'autres souhaits successifs (cathédrale de Bourges, cathédrale de Poitiers, chartreuse de Vauvert). A l'exemple de ses frères, Charles V, roi de France, et Philippe le Hardi, duc de Bourgogne, il commande de son vivant son gisant. Il s'adresse au sculpteur Jean de Cambrai, et prévoit un tombeau à pleurants. La commande intervient donc sans doute autour de 1404-1405, époque où Jean de Berry choisit son lieu de sépulture, et installe le collège des chanoines à la Sainte- Chapelle de Bourges. Mais à la mort du duc en 1416, le tombeau reste inachevé. Ce n'est que vers 1450 que Charles VII commande une dalle de marbre noir, pour porter le gisant dû au ciseau de Jean de Cambrai, et fait compléter le cortège des pleurants, avec des statuettes d'albâtre. Le tombeau, conservé dans le choeur de la Sainte-Chapelle, est admiré durant tout l'Ancien Régime. Lors de l'extinction de la Sainte-Chapelle, en 1757, il est transféré à la cathédrale, et décrit par un ingénieur, chargé du démontage et du transport. Le monument funéraire, installé dans la crypte de la cathédrale, y subit le vandalisme révolutionnaire, qui épargne miraculeusement la dalle de marbre noir et le gisant de marbre blanc, mais entraîne la dispersion des pleurants, et la disparition presque totale des niches du soubassement. Aujourd'hui, 27 pleurants sont connus, dont 18 dans des collections publiques (dix au musée du Berry, deux au musée du Louvre, un au musée Rodin, un à la fondation Custodia, deux à New York, deux à Saint-Pétersbourg), quatre dans une collection privée (château de la Verrerie, commune d'Oizon, Cher) et quatre dans une collection privée actuellement non localisée (collection Denys Cochin, Paris en 1981-1982). En revanche, seuls trois, et peut-être quatre fragments du décor architectural du tombeau étaient conservés, tous dans la collection du musée du Berry à Bourges, jusqu'à l'acquisition de celui-ci. Ce présent fragment est de dimensions modestes. Il comporte des restes de colonnettes et des restes de dorure, et provient assez vraisemblablement du 'trumeau' situé entre chacune des niches qui abritaient les pleurants. Sa provenance du tombeau de Jean de Berry est affirmée par une étiquette, portant une inscription manuscrite dans une écriture fin XVIIIe siècle ou première moitié du XIXe siècle. BCB

Bibliographie

Réflexions sur Jean de Cambrai et sur le soubassement du tombeau de Jean de France, duc de Berry, dans : Materiam superabat opus, hommage à Alain Erlande-Brandenburg, Paris, 2006, p. 213-219 ; ill. (p. 213-219 ; ill.) Béatrice de Chancel-Bardelot. Acquisitions. Moyen-Age. Bourges, Musée du Berry, Revue des musées de France, Revue du Louvre, 4, octobre 2005, p. 71-72 (p. 71-72, illl. en noir et blanc)