Stèle avec Mercure, Minerve et Apollon

Identification du bien culturel

N°Inventaire

MAS 29195 ; 5701 (Espérandieu)

Dénomination

stèle

Titre

Stèle avec Mercure, Minerve et Apollon

Période de création

1ère moitié 4e siècle

Epoque

Gallo-romain

Matériaux - techniques

grès (jaune), taillé, bas-relief

Mesures

Hauteur en cm 82 ; Largeur en cm 62 ; Epaisseur/Profondeur en cm 18

Description

Stèle rectangulaire complète, recomposée à partir de deux éléments assemblés ; seuls manquent un éclat de la bordure latérale droite et un morceau de l'angle inférieur gauche

Précisions sujet représenté

De gauche à droite, sont associés la Triade divine : Mercure, Minerve et Apollon dans une simple niche à encadrement plat. Les trois divinités sont debout, en position frontale, chacune porteuse de ses attributs et accompagnée de son animal emblématique. Les deux divinités masculines présentent toutefois un visage très légèrement tourné vers l'intérieur. Apollon, la jambe gauche fléchie devant la jambe droite tendue sur laquelle s'appuie le poids du corps, porte un manteau qui couvre légèrement les épaules, avant de retomber jusqu'aux genoux en deux longs plis parallèles sur le côté gauche du corps. De la main gauche, il tient la lyre, de la droite, abaissée le long du corps, un plectre (ou peut-être une houlette de berger ?). Un griffon, vu de profil et la tête tournée vers l'arrière, est assis à ses pieds. Minerve se trouve au centre, casquée et drapée dans une longue robe à manches courtes qui couvre ses pieds et dans un manteau qui s'enroule autour de son corps, laissant libre la poitrine ornée du gorgoneion. Les plis suivent librement le modelé du corps et des jambes, traduisant une bonne maîtrise technique et une connaissance certaine des schémas classiques. De la main droite levée, elle tient une lance dont la longue hampe repose à ses pieds, la main gauche est posée sur le sommet d'un bouclier ovale dont seule la tranche est visible. Une petite chouette est perchée sur son épaule gauche. À droite, Mercure, coiffé du pétase ailé et vêtu d'un manteau court, ramène le bras gauche sur la poitrine en tenant une bourse serrée dans le creux du bras. Ce manteau est retenu sur l'épaule droite par une fibule circulaire et retombe en plis sur la partie gauche du bras et du torse. La main droite s'appuie sur le sommet d'un double caducée à tige torsadée. Un coq est debout à ses pieds, vu de trois-quarts et la tête tournée vers l'arrière. Les visages des trois divinités présentent de larges similitudes : visages joufflus à menton bien marqué, traits schématiques, chevelure disposée en mèches symétriques et peu naturelles autour de la tête. Notes : Cette triade associe donc, en une même vénération, trois divinités qui président à tous les aspects de la vie humaine : Apollon, protecteur de la santé, Minerve, déesse protectrice des artisans, Mercure, protecteur des commerçants et des voyageurs. Cette représentation se rencontre de façon privilégiée dans une aire de répartition bien déterminée de la Germanie. L'exemple le plus ancien - et aussi le plus proche au point de vue de l'iconographie -, est celui mis au jour en 1818 à Stettfeld et daté des IIe-IIIe siècles, il est conservé aujourd'hui dans les collections du Musée de Karlsruhe (Espérandieu X, 1931, 370). Un monument du Musée de Spire, provenant de Rheinzabern, présente une légère variante avec une association entre Minerve, Mercure et Vulcain (Espérandieu VIII, 1922, 5925). Un ex voto mis au jour dans une fosse à Vic-sur-Seille en Lorraine (associé à de la vaisselle en métal et en verre et daté des IIe-IIIe siècles) peut être rattaché au même contexte. Il s'agit d'une remarquable plaque en tôle d'argent travaillée au repoussé : les trois divinités sont debout au centre d'un édicule à la somptueuse architecture décorative, encadrées par deux colonnes torsadées à chapiteau corinthien (Gallia, t. 34, fasc. 2, 1976, p. 370 et Gallia, t. 44, fasc. 2, 1986, p. 304-305 et fig. 18 : après restauration). La sculpture de Lauterbourg, que J.-J. Hatt a situé par son style dans la première moitié du IVe siècle, serait l'exemplaire le plus tardif ainsi répertorié.

Contexte historique

Historique

Voir aussi MAS inv. n° 29195 (description d'un relief identique par Schweighaeuser à Rheinzabern)

Utilisation / Destination

pratique votive

Découverte / collecte

France ; Bas-Rhin ; Lauterbourg (lieu de découverte) ; (1910, date de découverte)

Précisions découverte

La sculpture a été découverte en 1910 encastrée dans un mur, avant d'être conservée un temps dans la propriété des Koeberlé à Lutzelbourg ; don de Mme Koeberlé au musée en mars 1917. Hupe signale quant à lui que la sculpture pourrait provenir de Rheinzabern (Allemagne).

Informations juridiques

Statut juridique

Propriété de la commune, don, Strasbourg, musée archéologique

Date acquisition

1917

Ancienne appartenance

KOEBERLE, Mme

Informations complémentaires

Bibliographie

KOEBERLE, E., Parvati, idole védique découverte au château de Lutzelbourg en 1910, Strasbourg, 1911 (p. 25 (Apollon est interprété faussement comme une figure de Diane)) ESPERANDIEU, Emile, Recueil général des bas-reliefs, statues et bustes de la Gaule romaine, tome VII, Gaule germanique, 1ère partie, Germanie supérieure, Paris, 1918 (n° 5701 (fausse indication de provenance : Lutzelbourg)) FORRER, Robert, 'Nouvelles découvertes et acquisitions du Musée Préhistorique et Gallo-romain de Strasbourg', Anzeiger für Elsässische Altertumskunde, n° 53-56, décembre 1923, p. 88-124 (p. 116-117, fig. 121) HATT, Jean-Jacques, 'Observations sur quelques sculptures gallo-romaines du Musée de Strasbourg', Revue Archéologique de l'Est, tome IX, fasc. 4, octobre-décembre 1958, p. 303-322 (p. 316, fig. 89) HATT, Jean-Jacques, Sculptures antiques régionales, Strasbourg, Inventaire des collections publiques françaises, tome 9, Paris, éd. RMN, 1964 (n° 197) HATT, Jean-Jacques, Sculptures gauloises 600 av. J.-C. / 400 apr. J.-C. Esquisse d'une évolution de la sculpture en Gaule depuis le VIe siècle avant J.-C. jusqu'au IVe siècle après J.-C., Paris, 1966 (pl. VIII d) HATT, Jean-Jacques, Mythes et dieux de la Gaule. Paris, éditions Picard, 1989 (p. 266-267) SCHNITZLER, Bernadette, Cinq siècles de civilisation romaine en Alsace, Les collections du Musée Archéologique, T. 4, éd. Les Musées de la Ville de Strasbourg, 1996 (p. 114, n° 29) HUPE, J., 'Studien zum Gott Merkur im römischen Gallien und Germanien', Trierer Zeitschrift, 1997, p. 53-227 (p. 168, n° 92) FLOTTE, Pascal , FUCHS, Matthieu, Carte archéologique de la Gaule - Le Bas-Rhin 67/1, 2000 (p. 391, n° (003)) Imperium Romanum. Römer, Christen, Alamannen - Die Spätantike am Oberrhein, catalogue d'exposition Badisches Landesmuseum Karlsruhe, 2005 (photo p. 252) SCHNITZLER, Bernadette, KUHNLE, Gertrud, Strasbourg-Argentorate. Un camp légionnaire sur le Rhin (Ier au IVe siècle après J.-C.), Collection Fouilles récentes n° 8, catalogue d'exposition, édition des Musées de la Ville de Strasbourg, Strasbourg, 2010 (Bernadette SCHNITZLER, 'De la religion officielle aux croyances individuelles : les légionnaires et les dieux', p. 119-122, photo p. 120)

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